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Archive pour juin 2010

Loose yourself …(et les gens?)

Je lisais il y a quelques jours un article assez intéressant du journal La Croix. Certes, je n’émarge pas chez nos amis les curés, ayant pour principe que Dieu est avant tout une invention destinée à nous faire croire que les anges n’ont pas de sexe. Bref, je ne suis pas croyant, même plutôt mécréant à vrai dire.

Mais cet article sobrement intitulé: “Célibataires, une solitude douce amère” me révèle bien des choses que je perçois au quotidien. Selon ces messieurs de La Croix, vous devez distinguer tout un panel de célibataires. Ah oui, parce qu’il n’y a pas UN célibat, je ne parle pas de celui des prêtres n’est ce pas, mais DES célibats. Ainsi il faut distinguer les célibataires concubins, les célibataires solitaristes et les vrais célibataires. Pour le moins. Le solitariste vit seul mais dans une relation stable avec quelqu’un du même sexe, ce qui soit dit en passant est un pêché, mon dieu, le concubin ne veut pas s’engager dans les liens sacrés du mariage, ce qui est aussi un pêché, et le vrai célibataire est tout seul, tout seul, et pour peu qu’il ne pratique pas l’onanisme, ce n’est pas un pêché. Par delà ce résumé, un peu rapide je vous l’accorde, de ce sympathique journal, je me rends compte que ces gens de La Croix sont comme mes amis de l’INSEE: les chiffres et les définitions les rassurent.

Parce que le vrai célibat à bien y regarder, ce n’est pas 4 millions de personnes vivants seules, mais 4 millions de personnes seules.

Et la solitude c’est ces soirs d’hiver où votre maison vous parait trop grande, trop vide sans les rires des enfants, leurs galopades aux étages, leurs jeux sans fins alors que dehors tombe la neige et que vous pensez que le lendemain le trajet pour vous rendre à votre travail sera un peu plus long.

La solitude c’est un matin où vous constatez que vous vous cantonnez toujours dans la même moitié du lit, trop grand pour vous, simplement trop grand. De l’autre côté de celui-ci s’étend un vaste territoire glacé, que votre seule chaleur ne saurait adoucir.

La solitude c’est ce jour où vous refusez un repas chez des amis parce que le bonheur conjugal des autres vous est insupportable.

Et dans La Croix, l’auteur enfonce un peu plus le clou d’ailleurs distinguant un célibat “d’attente” d’un célibat “définitif”. Et de fixer une tranche d’âge arbitraire à 40 ans. Il ne me reste donc plus que 5 ans dans l’attente avant d’être définitivement célibataire?

Diantre c’est pour le moins catégorique! Parce que l’attente c’est quoi? L’attente c’est cette demoiselle que vous rencontrez comme ça un soir à la terrasse d’un bar. Vous discutez et dinez, vous avez de multiples affinités, les mêmes envies de faire quelque chose de concret de votre vie. alors, vous vous prenez à rêver, un peu, tout les deux. Et puis, vous recevez un sms, la plaie de la communication du XXI siècle vous informant que l’avenir avec vous ou un autre n’est pas possible.

L’attente c’est un soir, encore un soir, où vous faîtes le bilan de votre vie, et où vous vous rendez compte que celle-ci est bien remplie professionnellement, socialement, mais qu’il manque une personne, là, à vos côtés, pour discuter du dernier Clint Eastwood ou de ce roman que vous venez de terminer.

Et en cela je ne vois guère la différence entre 35 et 40 ans. Ou est ce de la résignation?

Mais nos amis de La Croix, tout de même ont un peu plus de jugeote que ce que je croyais de la part des papistes. Ils se rendent compte aussi que la peur, la peur insidieuse de l’échec rend le célibataire méfiant. Dans une société où tout est méfiance. Le célibataire, échaudé par ses précédents échecs, craint pour la réussite du futur. alors, il hésite, panique un peu, et finalement se résout, se résout à quoi en fait? A rien pour ainsi dire. Il ne s’engage plus. Parce que s’engager c’est comme manger du bœuf en période de crise de la vache folle, comme de serrer une main quand le spectre de la grippe H1N1 est là, c’est comme de ne pas sortir la nuit, dans les ruelles, des fois que quelques malandrins mal intentionnés et forcément maghrébin en voudraient à vos saacs et pire, c’est dangereux!

Tout est danger chez nous, même un simple sourire. Surtout ne souriez pas, même si vous êtes heureux d’être avec cette jolie demoiselle qui est intéressante de surcroît! Non renfrognez vous! et soyez conscient que votre avenir sera un échec de toute façon. C’est la TV qui l’a dit ou le président. Ce qui revient au même.

Alors, un jour, un jour où tous nous serons des peureux, des terrifiés de la vie à deux ou trois ou cinq, alors ce jour nous ferons quoi? Nous ne saurons même plus rêver, nous ne saurons même plus voir ce qu’il y a à voir ou savoir. Nous ne saurons juste que tenter de combler cet espace glacé dans le lit trop grand et nous n’y parviendrons pas.

Voyage dans une tasse

Ce texte a été publié sur le blog Acteplumes de Catherine et sur Oniris.be…

Ouf ça y est, enfin, les deux fillettes sont dehors, la cuisine est vaguement rangée, le balai passé plus ou moins. J’ai bien sur oublié quelques coins, mais finalement est ce bien grave ? Je me pose dans mon canapé, une tasse de café devant moi. Elles vont jouer à chasser les escargots, à inventer des papillons, à cueillir des fleurs qui sécheront ensuite sur une étagère entre un Simenon et LF Céline. Mon café étire ses volutes de vapeur embaumant la pièce.

Je suis bien. Je repense à

« Papaaaaaaaa ! »

Je ne pense à rien ! Je sors par la grande baie vitrée m’arrachant auparavant avec une grimace du canapé.

« Oui ma grande ?

-          Pourquoi les nuages il y en a pas aujourd’hui ?

-          Bin c’est qu’il fait beau c’est tout !

-          Oui mais moi j’adore les nuages.

-          Et moi je voudrais bien boire mon café. Tu vas jouer avec ta sœur s’il te plait ? »

Je laisse ma Grande en pleine réflexion sur les stratégies fourbes des cumulonimbus qui disparaissent comme ça sans prévenir les salauds ! Et bois une gorgée de café.

La première la plus forte, celle qui m’expédie directement au Brésil quelque part dans une plantation J’aurai pu devenir planteur tiens ! J’aurai négocié les prix âprement avec les multinationales américaines, j’aurai parcourut l’Amérique du Sud  sur les pas du Che, buvant le Maté dans les faubourgs de Bogota, descendant l’Amazone au rythme lent de ma pirogue, assaillit par une armée de moustiques, mais content sous le soleil couchant.

J’aurai surement prit femme, une beauté amérindienne et nous aurions eu

« Papaaaaaaa !

Pfff cette fois c’est la seconde de ma couvée. Qu’est ce qui se passe encore ?

-          Oui ?

-          Pourquoi les cargots sont pas là ? (Comprendre : pourquoi la coquille est désertée par un gastéropode avide de frissons !)

-          Il est partit en voyage ma chérie. Il est allé chercher une autre maison. Quelque part dans le jardin. Regarde bien tu vas le trouver.

-          Vouiiiiii. »

Et hop c’est partit.

Deuxième gorgée. Moins forte, plus acide et douce. Comme la peau d’une femme presque. Une grande femme noire au sourire blanc. Qui vit quelque part près de Tombouctou. Qui m’accueille le soir, de ses yeux francs et étincelants, avec une flopée de marmots qui eux aussi rient. C’est ma compagne, nous vivons en brousse à des lieues de toute civilisation concrète. Le soir, Amadou, le griot, chante les victoires de nos ancêtres Peuls. Notre case n’est pas grande, nos vaches sont maigres et nous ne sommes pas sur cette année que la récolte de riz sera bonne, il a peu plut durant l’hivernage. Tout cela m’inquiète, mais je n’en fais part à personne, nous sommes tous dans le même cas de figure au village. Et puis, Fatoumata, attend notre troisième enfant. Ce sera un fils m’a assuré …

« Papaaaaa ! »

Là c’est carrément les deux en même temps ! Ca doit être aussi grave que le sommet de Yalta et la conférence de Potsdam réunis ! On s’approche dangereusement de la Troisième Guerre Mondiale. Je vole, je fonce, évitant de justesse un laurier nain qui se met entre elles et moi !

Non en fait, j’y vais du pas tranquille du trappeur. Quelque part entre l’Orénoque et le delta du Mékong. (Je sais que me géographie est un peu parcellaire, mais je me plais à imaginer qu’il y a aussi des trappeurs Globe Trotteurs !). Je suis la pis te d’un loup. Non d’un ours ! C’est mieux un ours. Il est grand, féroce et a déjà boulotté deux ou trois de mes camarades. Et là il va s’en prendre à deux demoiselles en détresse. Mais je suis le plus grand des chasseurs de cette partie du globe. J’ai a mon actif la mort prématurée et douloureuse d’un troupeau entier d’alligator  qui infestaient les marigots de Bénarès, d’une meute complète de loups qui pourchassait  les femmes de  cosaques dans les immenses steppes de Sibérie Orientale, et enfin d’une famille d’ours mangeur d’hommes du Sud Est des Rocheuses, qui régulièrement faisait son quatre heure de certains enfants.

Bref, je suis un trappeur comme il n’en existe plus. J’aime descendre les fleuves sur mon canoë, pêcher le King Salmon à la main en sentant l’eau glacée sur mes avants bras. Je n’ai pas de femme. J’en ai cent. Une dans chaque ville pour être précis. Et je vous prie de croire que de Vientiane à l’embouchure du Saint Laurent ça en fait des ports.

« Papapapaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa ! »

C’est la grande qui est entrain de se tenir la main gauche pendant que la petite regarde d’un air un peu hébété le bâton quelle tient.

Elles pleurent soudain. Des fontaines. Je m’approche et constate les dégâts : le poignet est tordu bizarrement.

Je console comme je peux. Je n’ai pas envie de gronder qui que ce soit d’ailleurs. Je préviens juste que nous allons faire un grand voyage à travers la ville qui va nous amener dans la salle d’attente des urgences.

Les larmes coulent moins fort.

« Tu vois ma Grande, les urgences, c’est un endroit un peu magique ! Y’a toujours des gens qui y vont parce qu’ils savent que là bas ils vont rencontrer plein de gens qui les guérisse. Des shamans blanc en blouse blanche ! Ils vont de donner une potion magique qui va te calmer le bobo et puis tu auras surement un joli plâtre qu’on décorera avec des Princesses. »

On monte dans la voiture.

Le voyage, le vrai, commence.

Catégories:Childrens

Dont ask me why…(no more sorrow)

A Caty. pour le sourire…

Ma vie a pris une tournure que je n’avais jamais envisagé auparavant, à vrai dire. Passer du confortable statut de papa en couple à la situation sentimentale, sociale et pécuniaire stable, à une situation où chaque jour est une sorte de combat pour redevenir quelqu’un n’est pas si simple, je dois l’avouer. Je ne vous dirais pas que j’ai tout perdu dans cette séparation, ce serait mentir. J’ai obtenu assez facilement la garde partagée de mes filles, j’ai pu sauvegarder ma maison et mon travail n’a jamais été vraiment remis en cause.

Mais…

J’ai perdu quelques personnes en cours de route. Des ami(e)s qui se sont sentit obligés, à un instant, de faire un choix, par exemple. Là est le point nodal de toutes relations: vous construisez à deux. Beaucoup de choses. Ainsi je faisais partie du groupe de 49,7% des français de sexe masculin qui étaient mariés ou en “couple” en 2009 selon le toujours très sérieux INSEE. Je ne sais toujours pas si j’étais le 49,6 ou le 49,7. Il faut dire que mes amis de l’Institut sont très à cheval sur les chiffres. Ainsi, dans cette statistique, ils ne tiennent compte que des hommes de plus de 15 ans et de moins que mort. Donc, si vous êtes en couple à 14 ans c’est cuit. Dans tous les sens du terme après tout!

Bref, j’étais un chiffre normal en somme. J’étais membre du club des 0,6-2,2, à savoir que nous dépensions environ 0,6% de notre budget pour nourrir nos poissons rouges (que le juge a bien voulu me donner) et que 2,2% de nos ressources étaient dévolues à l’achat de bien non dépendant du tourisme, mais de loisir. (données de 2005). Vous vous rendez compte quand même? Où passait cet argent? Mystère. Surement en licence pour la danse de ma grande, en achat de tutus et ballerines. Ou autres. Bref, toujours est il que ce statut vous va comme un gant. De chirurgien. Qui colle à la peau.

Sauf que, vos amis décident pour vous, un jour, de ce qui est bon. En prenant partie parfois. Et là les stats elles volent en éclat, j’vous le dit moi! Parce que le bon copain qui se raméne avec un hamster, jugeant que ça vous fera de la compagnie, il voit pas lui, que votre budget assez riquiqui va voler en éclat à cause de la litiére de l’autre andouille qui ne sait que roupiller. Mais voilà, y a vos fillettes qui le regarde emerveillées, pendant quelques jours, après ça passe, elles pensent à autre chose. Et vous vous voyez leurs yeux qui brillent aux cabrioles de la bestiole. alors, vous dîtes “Merci mon vieux Jacques.”

Sauf que le vieux Jacques pendant qu’il vous offre des hamsters à la con, il s’empresse d’inviter votre ex femme à Marrakech! L’enfoiré! Bon ce n’était pas Marrakech, c’était Malo les Bains, mais tout de même…L’enfant de Marie. S’ensuit une pénible et confuse explication de sa part, où vous comprennez pêle mêle que votre ex n’était pas faite pour vous, mais bien pour lui, que ce petit Bordeaux est un peu vert, que de toute façon ça ne gâche en rien cette amitiée virile, parce qu’on est des hommes quand même, qui vous lie depuis trois ou cinq ans, et que votre ancienne est quand même bien roulée et que si votre poing frôle sa lèvre c’est simplement parce qu’il y avait une mouche dessus.

Bref, un pain dans la tronche qui brise un verre de Haut Médoc, certes un peu vert, et une vieille complicité!

Alors, vous êtes membres du très fermé groupe des personnes ayant portées des Atteintes Volontaires à L’intégrité Physique, qui ne représentait que 2,4%  des faits de délinquance en 2006. Pas mal non? L’INSEE est catégorique: c’est 2,4% de poings dans la tronche ou de coup de boules, pas 2,45 ou 2,37%. S’agirait pas de déconner avec les mandales non plus.

Toutefois dans ce long parcours, vous rencontrez un jour ou l’autre, des personnes formidables. Je ne parle pas ici des potes, copains, amis qui vous ont soutenus quand vraiment ça n’allait pas. Eux, vous savez que c’est même pas la peine de leur dire, un regard suffit.

Non, je parle de ces rencontres un peu magiques où s’opère une alchimie bien particulière. La nuit, encore jeune, ne vous dévoile que l’envie de l’autre. Un jeune femme, aux yeux bleus. Mais passant l’envie vous apprenez à la connaitre. Lentement, par touches successives, par petits coups. Un peu comme une peinture de Monnet, une Impression que le temps avec elle n’a pas le même gout, la même texture. Ce n’est pas de l’amour, parce que vous ne savez pas pourquoi, mais vous ne vous sentez pas capable de l’aimer, mais vous ressentez soudain une immense affection, quelque chose qui n’est pas fraternel certes, mais qui vous fait vous soucier quand vous n’avez pas de nouvelles, et avoir un sourire intérieur quand elle est heureuse.Bref, un nouveau monde que vous ne soupçonniez pas. Quelque chose d’indécis dans la douceur.

Elle est votre amie, votre confidente, celle que vous appellez les soirs de cafard, les soirs où tout est noir parce que vos filles ne sont pas là, au chaud dans leurs draps, la respiration calme et lente. Elle que vous voulez voir heureuse, sans savoir pourquoi d’ailleurs.

Bref, d’un mal vous découvrez un bien, un beau et un vrai.

Et les gars de l’INSEE, je sais pas, mais franchement j’ai jamais vu de statistiques où vous évoquez ça moi, le bonheur d’apprécier l’autre. Ça vous dirait pas un petit sondage sur un panel représentatif de la société française? Ou vous aussi vous avez vos amitiés secrètes que vous ne voulez dévoiler?

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Three Little Birds

Trois petits oiseaux. En fait, deux dans mon cas, ce qui prouve au moins une chose: je suis dans la norme française du nombre d’enfants par femme; même si je suis un homme, mais ne cherchez pas à comprendre surtout! Selon la toujours très sérieuse INSEE, à ce propos, je me fais une image surement fausse des gens qui y travaillent. Je vois des hommes en costumes gris anthracite qui manipulent jour et nuit des données, dont ils tirent une sorte de quintessence afin de nous la livrer. En fait, peut être que je me trompe? Ce sont surement de joyeux gaillards qui inventent des chiffres avec des virgules partout pour faire joli, en sifflant des Kronenbourgs ou des Valstar, habillés de tutus roses et de Docs Martins coquées. Donc selon cet institut, il s’avére que la française moyenne, ou la moyenne des française, met bas 1,9 fois à 2,0 fois. Selon les années. Nous sommes, derrière l’Irlande, le pays d’Europe de l’Ouest où le taux de reproduction est le plus élevé. Mais moi ce qui me choque, c’est qu’on parle du nombre d’enfants par femme, jamais par homme.

Vous me direz que l’homme lui ne porte pas d’enfant, sauf dans ses bras, les soirs tard quand le petit s’est endormi sur le canapé parce que vous receviez des invités et qu’il a tenté, vainement, de lutter contre le sommeil. Ou bien ces jours où tout fier de découvrir la station bipédique verticale, il tombe et se fait un bobo au genou, non pas là, mais là, aïe.

Bref, je suis donc moyen y compris dans mes copulations si j’écoute les statisticiens.

Sauf que ces messieurs oublient une chose: papa célibataire, ça signifie aussi que vous jouez le rôle de la maman. Enfin, les semaines où vous avez la garde de vos enfants. Parce que les semaines off vous jouez le rôle de personne.

Il se trouve que l’aînée de ma progéniture fait de la danse classique. Elle se pique d’être une sorte de Noureev féminin, qui sautillerait en pas chassés sur les parquets de la salle de danse. Elle n’a que six ans cependant, ce qui sous nos contrées éloignées de toute tentative stalinienne de récupération du sport par le Parti est somme toute jeune.

Bref.

Elle fait de la danse et comme chaque année se profile le Gala annuel de son école. Je dois avouer que jusque là, je laissais volontiers à sa mère, le soin de la maquiller, peigner et autre enjolivement typique de ce sport. Elle eut fait du lancé de marteau que c’eut  été plus simple. Mais non. Quel manque d’originalité.

Donc me voilà contraint de mener à bien les tâches suivantes: réaliser un chignon, puis maquiller CORRECTEMENT une fillette de six ans qui rêve d’être la princesse d’un ou deux soirs. Sans l’aide d’une femme. J’ai bien appellé ma mère, à moi, à la rescousse. Elle m’a montré précisement la marche à suivre je dois dire. Mais ce qui semble évident à une dame de son âge ne l’est pas du tout, mais alors pas du tout, à un homme de mon âge. Un peu comme quand un mécanicien vous dit “C’est le flexible de la pompe.” “Ah? C’est grave?”  “Oulaaaaaaaa…oui…”

Bon me voilà coiffant, aspergeant de fixateur et d’épingles pour que l’ensemble tienne, et oh miracle ça tient! Pas trop mal. Ma fille aura même cette remarque qui m’est allé droit au coeur: “C’est pas mal…Pourquoi y’a encore des cheveux devant?”

Enfant indigne!

Bref, bref, je véhicule mon monde vers la salle de répétitions. Benoitement je pense que je n’aurai qu’à la déposer et qu’elle sera prise en charge par sa prof. Que nenni! Que nenni!

Il me faut, dans la honte et la confusion la plus totale, la préparer! Imaginez moi, mâle plus ou moins viril, immergé au milieu de quarante ou cinquante gamines pas pubéres pour deux ronds, qui ricanent bêtement, entrain d’enfiler collant et tutu, tandis que la seconde de mes prunlles tente d’arracher le chignon de sa soeur! Imaginez moi, un peu balot, un peu lourdot, entrain d’essayer de mettre ces p***de chaussons de danse par dessus le collant et ce gilet croisé…Tout celà sous le regard guoguenard de matrone joufflues qui, elles, savent ce que c’est. Un homme au milieu de soixante femmes c’est d’habitude un rêve. Là on est pas loin de Freddy les griffes de la Nuit.

Et puis, j’ai cette abominable sensation d’être une sorte de pervers qui viendrait mater à la sortie des écoles.

Mon travail achevé, je file en catimini, emportant ma cadette sous mon bras.

Et je sais que je dois recommencer demain et les trois jours qui viennent.

Mon Dieu!

Et dire que les statisticiens de l’INSEE considèrent qu’il n’y a que les femmes qui font des enfants.

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And the loser is…

“Ou pas…” Hommage à Carine T.

Y’a ceci de bien dans la séparation qu’elle vous permet une relative liberté dans vos rencontres de la future âme sœur. Bon jusque là vous n’aviez jamais osé regarder une autre femme que la votre. Enfin si, vous aviez osé! Mais quand elle ne vous regardait pas! Non mais. Votre femme hein, pas l’autre. Pas celle que vous regardiez quoi. Je m’embrouille là!

( NDA: ce blog n’est pas chronologique! Parce que j’ai pas envie de raconter ça au jour le jour. Alors autant vous y habituer dés maintenant. Voilà. On reprend.)

Donc, arrive cet instant béni des dieux;  il va falloir passer par la case: je recherche une nouvelle partenaire, parce que la précédente m’a lâché en cours de route. Et là je vous jure on entre dans une sorte de quatrième dimension. C’est à peu prés aussi compliqué que de choisir une nouvelle voiture quand vous ne connaissez rien en mécanique. Et je ne connais rien en mécanique, et encore moins en mécanique du coeur.

Me voilà lancé, moi jeune papa (la dimension papa a son impotance!) sur la longue route de la conquête de l’âme soeur. Dur, très dur.

A priori je n’ai pas le caractère d’un tombeur. Je serais même l’inverse. Un mec lambda qui cache sa trouille sous une fausse désinvolture, une tonne de mots et un humour, comment dire, bancal? Bref, je ne suis pas Alain, même de loin, et je le sais.

Chacun d’entre vous, en cet instant, se pose la question suivante: où séduire? Evidemment la belle affaire! Où? Où? Où? Fais le hibou…

Parce que comment n’est pas le seul problème, il y a où, quand, qui, pourquoi…En fait, la séduction n’est qu’une suite de conjonction. Qui amèneront peut être à une coordination. Peut être. Ou pas.

Et de conjonctures en errements vous vous retrouvez à ne pas savoir. A ne plus savoir. Fini le temps des booms ou des soirées étudiantes que vous faisiez. Fini. Et fini, par conséquent, la succession de rencontres possibles, probables ou certaines.

Là il vous reste un QCM très simple: le net, les sorties, les activités.

Disons le de suite: si par moment j’ai envisagé de m’inscrire dans un club de Tango/poterie, je n’ai jamais mené ce projet à terme. Par manque de temps, d’envie, et de désir. Surement. Je me voyais mal, je le concède, faire semblant de pétrir une motte d’argile en toute conscience, dans le but avoué de me détendre l’esprit. De nature relativement casanière, je goute assez peu la proximité de mes semblables. Non que je sois misanthrope, loin de là! Vous comme moi, éprouvez par moment, ce besoin bien naturel de vous rassembler autour d’un bon plat, d’un verre de rosé un peu pâle, et de discuter de tout et de rien. Mais pas trop souvent. J’aime certains soirs être sur mon canapé à entendre Charlie Parker, en feuilletant distraitement une revue. Et plus souvent que vous ne le croyez.

Bref, le tango argile pas pour moi.  Je sais que je me fermais une porte mais tant pis.

Les bars et autres lieux de rencontres. J’y reviendrai plus en détail. Un jour. Ou pas. Mais franchement ce ne sont pas des lieux de rencontres! Navré. Du moins pas en ce siècle assez hypocrite où ils nous font croire que les frontières abolies sont une réalité. Bref, offrir un café à une inconnue reste plus dangereux que de se promener nu dans Bagdad en hurlant “Mort aux cons!” C’est dire.

Enfin, il y a cette eldorado de la séduction qu’est le Net. Alors là! Mais alors là! Je vous dis même pas. Je vous dis tellement pas d’ailleurs que j’en parlerai demain ou après demain. Ou pas comme aime à le dire ma copine Carine quand elle a envie de vous moucher. Ou pas d’ailleurs.

Simplement: j’ai fais, je serais tout de même mesquin de le taire, de très belles rencontres sur le Net. Mais à quel prix? Et je vous parle au sens littéral du terme. Parce que je ne sais si ces dames payent, mais nous! Mon Dieu!

Bref, des rencontres j’en fais, j’en ai fais, j’en ferai. Ou pas.

De toute façon, là, mes deux souris dorment, et je vais aller à la rencontre de leur pote le marchande de sable. Et je dormirai en rêvant à elle. Ou elles. Ou pas.

This is the End…ou le début (va savoir)…

Ca vous arrive comme ça, un jour, un soir en fait, quand les deux filles sont au lit, repues d’histoires de fées, de plage et de soleil, de glaces vanille fraise et de coup de soleil bénins.

Ca vous arrive comme ça sans vraiment que vous vous y attendiez, sans vraiment non plus que ça vous étonne.

Ça vous arrive comme ça arrive à un couple sur trois, un couple sur deux en région parisienne, d’après les très sérieuses statistiques de l’INSEE. Sauf que jusque là les statistiques n’étaient que des chiffres noirs sur le blanc du papier (ou rose quand il vous arrivait de vous aventurer dans les pages saumon du Figaro).

Ca vous arrive donc un soir autour d’un Bandol bien frais, un matin en partant au boulot, une après midi à la fin d’une sieste qui n’a plus grand chose de crapuleuse.

Elle vous regarde, les yeux vaguement humides, un peu bovins pour tout dire, elle ne sait comment vous le dire, mais vous sentez intérieurement qu’elle ne compte pas vous parler du dernier Marie Claire ou des résultats de votre progéniture en baby tennis.

Non l’oeil tremblote, la bouche s’affaisse un peu, les mains se tortillent comme deux anguilles hors de la flotte. Les mots ne franchissent pas le Rubicond (je sais que ça fait on ne peut plus cliché, mais à vrai dire c’est pour éviter une répétition!). Bref, elle tergiverse.

Elle panique comme dans la chanson de je ne sais plus qui. Une chanteuse à texte surement. Ou à gros seins. C’est un peu pareil ceci dit. Quoique le célibat va vous apprendre une chose: les gros seins sont quand même plus agréables que les textes. Enfin, plus concrets en tout cas.

Et là: “Je te quitte”.

Ah…

C’était pas vraiment prévu au programme de vos vacances ça. Vous aviez envisagé plage, détente, pêche si l’idée de titiller le bigorneau vous passe parfois dans la tête, quelques jeux avec vos fillettes, des châteaux de sable qu’on construit pour mieux les reconstruire, bref ce qui fait le charme, relativement désuet, je vous l’accorde, des vacances sur les bords de l’Océan Atlantique quelque part près de La Rochelle.

Vous avez, comme moi je pense, hésité entre: le rire salvateur qui détend l’atmosphère, le pet tout aussi salvateur mais quand même moins classe, vous jeter à ses pieds en pleurant comme une madeleine même pas de Commercy, ou vous resservir une boisson.

J’ai opté pour la boisson. Je me souviens encore du goût sirupeux du Coca tiéde qui coulait dans ma gorge pas trop sèche. Oui tiède parce que la proprio de votre location ne m’avait pas prévenu que le réfrigérateur était un peu plus petit qu’un Légo.

Donc j’ai bu la coupe, même pas jusqu’à la lie, puisque j’avais pas trop soif. C’est une ruse dans les westerns ça, la boisson. Quand le cow-boy, généralement beau, fort et intelligent, mais un brin cynique, s’appréte à dire un truc super intelligent, avant il boit une gorgée. De Whisky, lui. Mais c’est un homme un vrai.

Et à vrai dire je n’aime pas le Whisky. Et je me voyais mal boire une grande gorgée du Banga de mon ainée. Question de crédibilité.

Et à cet instant, le temps est suspendu. Les mouches s’arrêtent même de vombrire. La phrase est sur le bord de votre bouche…

“Hein?”

“Je te quitte…Je suis désolée.”

“Mais…Pourquoi?”

“J’en peux plus.”

” Comment ça t’en peux plus?”

Et là suit une longue, très longue, mélopée de tout ce qui ne va pas CHEZ VOUS. Pas chez elle. Pas encore.

Ah oui ça c’est la phase 2: l’autodénigrement. Nous y reviendrons.

Donc il apparait qu’en 16 ans de vie commune, vous n’avez pas grand chose de bon à votre actif. Ah si quand même. Deux enfants. Et encore…

Vous vous rendez compte, là, en cet instant où les mouches recommencent à voler, que c’est vraiment la fin. Enfin le début de la fin. Parce que  tout n’est pas terminé. Loin de là! Au contraire, devrais je dire, tout commence.

Et j’vous jure que ce qui vient de vous arriver c’est du pipi de chat.

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