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Dont ask me why…(no more sorrow)

A Caty. pour le sourire…

Ma vie a pris une tournure que je n’avais jamais envisagé auparavant, à vrai dire. Passer du confortable statut de papa en couple à la situation sentimentale, sociale et pécuniaire stable, à une situation où chaque jour est une sorte de combat pour redevenir quelqu’un n’est pas si simple, je dois l’avouer. Je ne vous dirais pas que j’ai tout perdu dans cette séparation, ce serait mentir. J’ai obtenu assez facilement la garde partagée de mes filles, j’ai pu sauvegarder ma maison et mon travail n’a jamais été vraiment remis en cause.

Mais…

J’ai perdu quelques personnes en cours de route. Des ami(e)s qui se sont sentit obligés, à un instant, de faire un choix, par exemple. Là est le point nodal de toutes relations: vous construisez à deux. Beaucoup de choses. Ainsi je faisais partie du groupe de 49,7% des français de sexe masculin qui étaient mariés ou en “couple” en 2009 selon le toujours très sérieux INSEE. Je ne sais toujours pas si j’étais le 49,6 ou le 49,7. Il faut dire que mes amis de l’Institut sont très à cheval sur les chiffres. Ainsi, dans cette statistique, ils ne tiennent compte que des hommes de plus de 15 ans et de moins que mort. Donc, si vous êtes en couple à 14 ans c’est cuit. Dans tous les sens du terme après tout!

Bref, j’étais un chiffre normal en somme. J’étais membre du club des 0,6-2,2, à savoir que nous dépensions environ 0,6% de notre budget pour nourrir nos poissons rouges (que le juge a bien voulu me donner) et que 2,2% de nos ressources étaient dévolues à l’achat de bien non dépendant du tourisme, mais de loisir. (données de 2005). Vous vous rendez compte quand même? Où passait cet argent? Mystère. Surement en licence pour la danse de ma grande, en achat de tutus et ballerines. Ou autres. Bref, toujours est il que ce statut vous va comme un gant. De chirurgien. Qui colle à la peau.

Sauf que, vos amis décident pour vous, un jour, de ce qui est bon. En prenant partie parfois. Et là les stats elles volent en éclat, j’vous le dit moi! Parce que le bon copain qui se raméne avec un hamster, jugeant que ça vous fera de la compagnie, il voit pas lui, que votre budget assez riquiqui va voler en éclat à cause de la litiére de l’autre andouille qui ne sait que roupiller. Mais voilà, y a vos fillettes qui le regarde emerveillées, pendant quelques jours, après ça passe, elles pensent à autre chose. Et vous vous voyez leurs yeux qui brillent aux cabrioles de la bestiole. alors, vous dîtes “Merci mon vieux Jacques.”

Sauf que le vieux Jacques pendant qu’il vous offre des hamsters à la con, il s’empresse d’inviter votre ex femme à Marrakech! L’enfoiré! Bon ce n’était pas Marrakech, c’était Malo les Bains, mais tout de même…L’enfant de Marie. S’ensuit une pénible et confuse explication de sa part, où vous comprennez pêle mêle que votre ex n’était pas faite pour vous, mais bien pour lui, que ce petit Bordeaux est un peu vert, que de toute façon ça ne gâche en rien cette amitiée virile, parce qu’on est des hommes quand même, qui vous lie depuis trois ou cinq ans, et que votre ancienne est quand même bien roulée et que si votre poing frôle sa lèvre c’est simplement parce qu’il y avait une mouche dessus.

Bref, un pain dans la tronche qui brise un verre de Haut Médoc, certes un peu vert, et une vieille complicité!

Alors, vous êtes membres du très fermé groupe des personnes ayant portées des Atteintes Volontaires à L’intégrité Physique, qui ne représentait que 2,4%  des faits de délinquance en 2006. Pas mal non? L’INSEE est catégorique: c’est 2,4% de poings dans la tronche ou de coup de boules, pas 2,45 ou 2,37%. S’agirait pas de déconner avec les mandales non plus.

Toutefois dans ce long parcours, vous rencontrez un jour ou l’autre, des personnes formidables. Je ne parle pas ici des potes, copains, amis qui vous ont soutenus quand vraiment ça n’allait pas. Eux, vous savez que c’est même pas la peine de leur dire, un regard suffit.

Non, je parle de ces rencontres un peu magiques où s’opère une alchimie bien particulière. La nuit, encore jeune, ne vous dévoile que l’envie de l’autre. Un jeune femme, aux yeux bleus. Mais passant l’envie vous apprenez à la connaitre. Lentement, par touches successives, par petits coups. Un peu comme une peinture de Monnet, une Impression que le temps avec elle n’a pas le même gout, la même texture. Ce n’est pas de l’amour, parce que vous ne savez pas pourquoi, mais vous ne vous sentez pas capable de l’aimer, mais vous ressentez soudain une immense affection, quelque chose qui n’est pas fraternel certes, mais qui vous fait vous soucier quand vous n’avez pas de nouvelles, et avoir un sourire intérieur quand elle est heureuse.Bref, un nouveau monde que vous ne soupçonniez pas. Quelque chose d’indécis dans la douceur.

Elle est votre amie, votre confidente, celle que vous appellez les soirs de cafard, les soirs où tout est noir parce que vos filles ne sont pas là, au chaud dans leurs draps, la respiration calme et lente. Elle que vous voulez voir heureuse, sans savoir pourquoi d’ailleurs.

Bref, d’un mal vous découvrez un bien, un beau et un vrai.

Et les gars de l’INSEE, je sais pas, mais franchement j’ai jamais vu de statistiques où vous évoquez ça moi, le bonheur d’apprécier l’autre. Ça vous dirait pas un petit sondage sur un panel représentatif de la société française? Ou vous aussi vous avez vos amitiés secrètes que vous ne voulez dévoiler?

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