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Loose yourself …(et les gens?)

Je lisais il y a quelques jours un article assez intéressant du journal La Croix. Certes, je n’émarge pas chez nos amis les curés, ayant pour principe que Dieu est avant tout une invention destinée à nous faire croire que les anges n’ont pas de sexe. Bref, je ne suis pas croyant, même plutôt mécréant à vrai dire.

Mais cet article sobrement intitulé: “Célibataires, une solitude douce amère” me révèle bien des choses que je perçois au quotidien. Selon ces messieurs de La Croix, vous devez distinguer tout un panel de célibataires. Ah oui, parce qu’il n’y a pas UN célibat, je ne parle pas de celui des prêtres n’est ce pas, mais DES célibats. Ainsi il faut distinguer les célibataires concubins, les célibataires solitaristes et les vrais célibataires. Pour le moins. Le solitariste vit seul mais dans une relation stable avec quelqu’un du même sexe, ce qui soit dit en passant est un pêché, mon dieu, le concubin ne veut pas s’engager dans les liens sacrés du mariage, ce qui est aussi un pêché, et le vrai célibataire est tout seul, tout seul, et pour peu qu’il ne pratique pas l’onanisme, ce n’est pas un pêché. Par delà ce résumé, un peu rapide je vous l’accorde, de ce sympathique journal, je me rends compte que ces gens de La Croix sont comme mes amis de l’INSEE: les chiffres et les définitions les rassurent.

Parce que le vrai célibat à bien y regarder, ce n’est pas 4 millions de personnes vivants seules, mais 4 millions de personnes seules.

Et la solitude c’est ces soirs d’hiver où votre maison vous parait trop grande, trop vide sans les rires des enfants, leurs galopades aux étages, leurs jeux sans fins alors que dehors tombe la neige et que vous pensez que le lendemain le trajet pour vous rendre à votre travail sera un peu plus long.

La solitude c’est un matin où vous constatez que vous vous cantonnez toujours dans la même moitié du lit, trop grand pour vous, simplement trop grand. De l’autre côté de celui-ci s’étend un vaste territoire glacé, que votre seule chaleur ne saurait adoucir.

La solitude c’est ce jour où vous refusez un repas chez des amis parce que le bonheur conjugal des autres vous est insupportable.

Et dans La Croix, l’auteur enfonce un peu plus le clou d’ailleurs distinguant un célibat “d’attente” d’un célibat “définitif”. Et de fixer une tranche d’âge arbitraire à 40 ans. Il ne me reste donc plus que 5 ans dans l’attente avant d’être définitivement célibataire?

Diantre c’est pour le moins catégorique! Parce que l’attente c’est quoi? L’attente c’est cette demoiselle que vous rencontrez comme ça un soir à la terrasse d’un bar. Vous discutez et dinez, vous avez de multiples affinités, les mêmes envies de faire quelque chose de concret de votre vie. alors, vous vous prenez à rêver, un peu, tout les deux. Et puis, vous recevez un sms, la plaie de la communication du XXI siècle vous informant que l’avenir avec vous ou un autre n’est pas possible.

L’attente c’est un soir, encore un soir, où vous faîtes le bilan de votre vie, et où vous vous rendez compte que celle-ci est bien remplie professionnellement, socialement, mais qu’il manque une personne, là, à vos côtés, pour discuter du dernier Clint Eastwood ou de ce roman que vous venez de terminer.

Et en cela je ne vois guère la différence entre 35 et 40 ans. Ou est ce de la résignation?

Mais nos amis de La Croix, tout de même ont un peu plus de jugeote que ce que je croyais de la part des papistes. Ils se rendent compte aussi que la peur, la peur insidieuse de l’échec rend le célibataire méfiant. Dans une société où tout est méfiance. Le célibataire, échaudé par ses précédents échecs, craint pour la réussite du futur. alors, il hésite, panique un peu, et finalement se résout, se résout à quoi en fait? A rien pour ainsi dire. Il ne s’engage plus. Parce que s’engager c’est comme manger du bœuf en période de crise de la vache folle, comme de serrer une main quand le spectre de la grippe H1N1 est là, c’est comme de ne pas sortir la nuit, dans les ruelles, des fois que quelques malandrins mal intentionnés et forcément maghrébin en voudraient à vos saacs et pire, c’est dangereux!

Tout est danger chez nous, même un simple sourire. Surtout ne souriez pas, même si vous êtes heureux d’être avec cette jolie demoiselle qui est intéressante de surcroît! Non renfrognez vous! et soyez conscient que votre avenir sera un échec de toute façon. C’est la TV qui l’a dit ou le président. Ce qui revient au même.

Alors, un jour, un jour où tous nous serons des peureux, des terrifiés de la vie à deux ou trois ou cinq, alors ce jour nous ferons quoi? Nous ne saurons même plus rêver, nous ne saurons même plus voir ce qu’il y a à voir ou savoir. Nous ne saurons juste que tenter de combler cet espace glacé dans le lit trop grand et nous n’y parviendrons pas.

  1. Valéry
    juillet 30, 2010 à 11:31 | #1

    Malheureusement, certaines personnes passeront à côté de l’essentiel parce qu’elles chasseront la faute. Personnellement, j’adore le style, le votre tout simplement .Criant de vérités, décrite avec humour, amour et beaucoup de sensualité, bravos c’est tellement vrais.
    Ps (bon choix musical)

  1. Pas encore de rétroliens.

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